Vallées & terroirs

Randonner dans les Aravis-Bornes : sommets et alpages

Crêtes calcaires et alpages à reblochon : le secteur qui concentre les images d'Épinal de la Haute-Savoie.

Randonner dans les Aravis-Bornes : sommets et alpages

Dans les massifs des Aravis et des Bornes, la Haute-Savoie montre son visage le plus connu : crêtes calcaires en dents de scie, alpages où paissent les troupeaux d'Abondance, chalets traditionnels posés à flanc de montagne. Si tu cherches à randonner en Haute-Savoie dans un secteur qui offre à la fois du choix, de la diversité et une identité forte, les Aravis et les Bornes comptent parmi les premières destinations à envisager. Ce massif bicéphale rassemble, à quelques heures de marche les unes des autres, des sorties familiales et des ascensions engagées sur arête.

Un relief sculpté par le calcaire

La géologie de ce secteur tient en un mot : calcaire. La chaîne des Aravis s'étire sur une trentaine de kilomètres depuis le col des Aravis jusqu'au col de la Colombière. À l'est, les versants tombent en falaises abruptes. À l'ouest, les pentes s'adoucissent en alpages. Ce contraste est lisible depuis n'importe quel col : d'un côté, des précipices et des parois grises, de l'autre, des estives vertes striées de sentiers.

Le massif des Bornes, voisin immédiat à l'ouest, a un caractère différent : plus vallonné, plus forestier en bas, plus ouvert en altitude. Le Parmelan, au sud, est connu pour ses lapiaz, ces étendues de calcaire nu creusées par l'eau. Le plateau des Glières, chargé d'histoire, offre de longues balades sans grande difficulté dans un cadre dégagé.

Le reblochon, les alpages et les vaches

Randonner dans les Aravis-Bornes : sommets et alpages

Difficile de parler du secteur sans évoquer le reblochon AOP. Thônes, capitale du val des Aravis, est le cœur économique et culturel du fromage local. En été, les sentiers qui rayonnent depuis la vallée traversent les alpages de production : tu croises les troupeaux de vaches Abondance et Tarine, tu entends les clochettes, tu aperçois les chalets où se fabriquent les fromages. Certains producteurs sont accessibles à pied et accueillent les curieux, mais vérifie les horaires avant de te pointer.

Ces paysages d'alpage représentent le cœur de l'identité du secteur. En juillet et août, quand les bêtes sont montées, les crêtes s'animent et les chalets ouvrent. C'est aussi la période où les fleurs sauvages sont à leur maximum : géraniums des prés, ancolies, orchidées des pelouses calcaires.

Des itinéraires moins courus à creuser

La notoriété de la Tournette et du Parmelan a tendance à concentrer une grande part des randonneurs sur les mêmes sentiers. Pourtant, le secteur regorge de sorties confidentielles qui méritent autant le détour, voire plus quand on cherche la tranquillité.

La Pointe de Talomarche et Nan depuis Montremont, au départ de Thônes, en est un bon exemple. Cette boucle de 10,8 km classée difficile cumule 1 072 m de dénivelé positif pour atteindre 1 844 m d'altitude. Le tracé passe par des crêtes peu fréquentées, avec une vue dégagée sur toute la chaîne des Aravis. On y croise peu de monde, même en plein mois d'août.

Dans les Bornes, côté sud, La Figlia depuis Allèves propose une montée de niveau moyen (8 km, 636 m de dénivelé positif) dans un cadre boisé qui s'ouvre progressivement sur un belvédère. Le départ se fait depuis Allèves, commune confidentielle que peu de randonneurs songent à cibler. Si tu veux une sortie en semaine sans croiser personne, c'est le genre d'endroit à noter.

Les sommets emblématiques du secteur

Pour les randonneurs qui veulent viser haut, quelques sommets s'imposent naturellement. La Tournette, au-dessus du lac d'Annecy, est l'itinéraire de référence du secteur : son accès depuis Montmin est le plus direct, avec un dénivelé et une exposition qui en font une sortie pour marcheurs expérimentés. La vue depuis le sommet sur le lac d'Annecy et les Alpes par temps clair est exceptionnelle.

Plus au nord, la Pointe Percée (2 750 m) domine la chaîne des Aravis. Son accès requiert une bonne expérience en terrain alpin et un équipement adapté. Pour les randonneurs qui ne souhaitent pas s'engager sur de l'alpin, les cols intermédiaires du secteur (col des Annes, col de la Colombière, col des Aravis) constituent des objectifs larges qui offrent des panoramas étendus sans les difficultés des sommets.

Quand partir et comment s'organiser

La saison de randonnée s'ouvre progressivement à partir de mi-juin dans ce secteur. En mai, les crêtes de la chaîne des Aravis conservent encore de la neige et les sentiers d'altitude sont souvent humides ou partiellement couverts. Juillet et août sont les mois les plus fréquentés, mais aussi les plus beaux pour les alpages. Septembre est souvent cité comme le meilleur mois : les troupeaux sont encore en alpage, les températures sont douces et les lumières d'automne commencent à changer les couleurs du paysage.

Pour accéder au massif, Annecy est le point d'entrée principal depuis le réseau autoroutier. De là, Thônes se rejoint en moins de trente minutes par la D909. La Clusaz et Le Grand-Bornand sont les deux principales stations qui servent de bases en altitude. En été, certaines remontées mécaniques fonctionnent et permettent de démarrer les randonnées déjà haut, ce qui évite plusieurs centaines de mètres de dénivelé. Les parkings de départ sont saturés le week-end en juillet et août : partir tôt reste la solution la plus efficace.

Les massifs des Aravis et des Bornes ont ce que peu d'autres secteurs de Haute-Savoie offrent : une densité de sentiers élevée, une identité culturelle forte autour du fromage et de l'élevage, et la possibilité de choisir sa difficulté quelle que soit la forme du moment. Que tu démarres sur un plateau herbeux ou que tu vises une crête calcaire, le terrain est là, balisé et divers. Et souvent moins fréquenté qu'on ne l'imagine dès qu'on s'écarte des classiques les plus connus.