Tu prépares ton sac pour une journée de rando et tu attrapes la trousse de secours au fond du placard, celle qui est là depuis deux saisons. Deux cents grammes à peine, souvent mal rangés, périmés pour moitié. Pourtant, sur les sentiers alpins qui permettent de randonner en Haute-Savoie, cette petite trousse peut vraiment changer une situation. Voilà comment la constituer sans acheter l'impossible, et sans repartir avec quelque chose d'inutile.
Les indispensables de base
Quel que soit le type de sortie, courte ou longue, familiale ou sportive, certains éléments doivent toujours être là.
- Compresses stériles de 10 cm sur 10 cm, au moins quatre
- Bande de gaze non tissée, une largeur de 5 cm suffit
- Pansements adhésifs en plusieurs formats
- Sparadrap, au moins une petite bobine
- Désinfectant cutané sans alcool, en spray ou en doses unitaires
- Pince à épiler, indispensable pour les tiques fréquentes en sous-bois
- Ciseaux à bouts ronds
- Gants à usage unique, au moins deux paires
Ces éléments couvrent les situations les plus courantes : chute avec écorchure, entorse légère à comprimer, petite coupure sur roche. Ils se trouvent en pharmacie, tiennent dans une pochette imperméable de la taille d'un livre de poche, et pèsent au total moins de 200 grammes.
Pour les sorties longues et les terrains plus engagés

Dès que tu pars pour une journée complète avec un dénivelé sérieux ou sur un terrain isolé, la trousse de base ne suffit plus. Une rando comme Le Lac des Chambres par Folly dans la vallée du Giffre, ou un itinéraire exigeant comme Lac de Gers, Refuge de Sales et Tête Pelouse, t'éloignent des routes pendant plusieurs heures. En cas de problème, les secours peuvent mettre du temps à intervenir.
Dans ces situations, ajoute à ta trousse :
- Une couverture de survie, les modèles compacts pèsent autour de 100 grammes
- Un bandage élastique, pour comprimer une entorse de cheville
- Des pansements anti-ampoules type Compeed, vraiment efficaces si tu les poses dès les premiers signes de frottement
- Un antidouleur de type paracétamol (respecte la posologie et consulte ton médecin pour tout contexte médical particulier)
Ce qu'on oublie trop souvent
Certains petits équipements font une vraie différence et ne prennent presque pas de place.
- Un sifflet : son signal porte bien plus loin qu'une voix, surtout dans les versants boisés ou en cas de brouillard
- Un stylo et un bout de papier : pour noter l'heure exacte d'un incident, les symptômes observés, ou ta position GPS si tu as réussi à la relever
- Une petite lampe frontale : si une sortie se prolonge au-delà du prévu, elle évite de se retrouver dans le noir
- Le numéro des secours noté dans ton téléphone : le 112 fonctionne partout en Europe, gratuitement depuis n'importe quel téléphone même sans crédit ni réseau 4G
Ce dernier point mérite attention. En vallée de l'Arve comme sur de nombreux versants en altitude, la couverture réseau peut être capricieuse. Sauvegarder le 112 dans tes contacts ne te coûte rien.
Bien ranger sa trousse : un détail qui compte
Une trousse mal rangée au fond du sac n'est pas vraiment utile. Quelques règles pratiques :
- Mets-la dans une poche accessible sans devoir vider tout le sac, idéalement en haut du sac à dos ou dans un compartiment latéral
- Utilise un sac imperméable ou une boîte hermétique légère : des compresses imbibées d'eau sont inutilisables
- Vérifie les dates de péremption à chaque début de saison, pas le matin du départ
- Informe tes compagnons de rando où elle se trouve dans ton sac, et demande-leur où est la leur
Ce que la trousse ne remplace pas
La trousse de secours soigne les petits incidents. Elle ne remplace pas une formation aux premiers secours (le PSC1 se prépare en une journée et reste utile toute la vie) ni la précaution de prévenir quelqu'un avant de partir : noter ton itinéraire prévu et ton heure de retour estimée, et laisser ces informations à un proche, c'est l'une des mesures les plus efficaces qui soit.
En cas de situation grave, chute sur terrain difficile, blessure à la tête, fracture suspectée, ne déplace pas le blessé seul. Appelle le 112, donne ta position aussi précisément que possible (nom du col, du sommet, ou coordonnées GPS si tu les as), et protège le blessé du froid avec ta couverture de survie en attendant les secours.
Une bonne trousse de secours pour la rando, ce n'est pas un kit de chirurgie de campagne. C'est un ensemble compact, léger, vérifié chaque saison, que tu rangeras au même endroit à chaque sortie. Ces quelques centaines de grammes te permettront de gérer la grande majorité des bobos du sentier sans paniquer, et de tenir la situation en attendant de l'aide si quelque chose de plus sérieux arrive.