Bonneville est souvent traversée sans s'y arrêter. L'autoroute, un rond-point, direction Chamonix ou Genève. Pourtant, la ville mérite qu'on y pose le sac. Nichée au confluent de l'Arve et du Borne, elle marque la rencontre de plusieurs vallées et offre des sentiers de montagne variés, accessibles depuis le centre même.
Pour qui veut randonner en Haute-Savoie sans se perdre dans les foules des stations, Bonneville est un point de départ souvent ignoré. C'est exactement ce qui en fait l'intérêt : une ville ordinaire posée dans un cadre qui ne l'est pas.
Là où les vallées se rejoignent
L'Arve entre dans Bonneville depuis l'est, chargée des eaux de Chamonix et de Cluses. Le Borne arrive du sud-est, descendu des Aravis. Les deux rivières se rejoignent ici, dans la plaine du Faucigny, avant que l'Arve ne continue vers Genève. Ce confluent crée une ouverture naturelle sur plusieurs directions : vers la haute montagne en remontant la vallée de l'Arve, vers le Chablais en descendant, ou vers les vallées latérales à l'ouest.
La ville se tient au fond de la vallée. Les massifs qui l'entourent montent rapidement : les crêtes au-dessus de Bonneville dépassent les 1200 m, et le Môle culmine à 1863 m à quelques kilomètres à vol d'oiseau. Ce cadre donne accès à une gamme de randonnées praticables même en plein été, quand les sommets plus hauts sont encore enneigés en début de saison. Il n'est pas rare de pouvoir choisir entre une sortie tranquille dans les bois et une ascension engagée vers les crêtes, en partant du même point.
La Boucle du Reray, pour démarrer

La Boucle du Reray est l'itinéraire emblématique du secteur. Départ de Bonneville, 9,07 km, 424 m de dénivelé positif et environ 2h30 de marche. Classée moyenne, elle convient à la majorité des randonneurs. Le tracé monte dans les bois au-dessus de la ville, avec des vues sur la plaine de l'Arve et sur le massif du Môle en toile de fond.
C'est une bonne option pour une sortie en milieu de semaine, ou pour tester les jambes avant quelque chose de plus engagé. Le dénivelé est raisonnable et le chemin bien tracé.
Le Col du Reray et le Grand Château, pour les plus motivés
Depuis le même secteur, l'itinéraire Col du Reray et Grand Château pousse bien plus loin. 9,34 km, 886 m de dénivelé positif, 3h20 de marche. Difficile. Le sentier passe par le Col du Reray (940 m) avant de monter jusqu'au Grand Château (1199 m).
Du sommet, la vue embrasse toute la plaine du Faucigny : Bonneville en contrebas, l'Arve qui serpente dans la vallée, les Aravis en toile de fond. Un effort honnête pour une récompense solide. Cette sortie demande une bonne condition physique et un équipement adapté à la montagne.
Le Môle, montagne emblématique
On ne peut pas parler de Bonneville sans évoquer le Môle. Ce sommet de 1863 m veille sur la plaine depuis les environs de Marignier et de Saint-Jeoire, deux communes situées à quelques kilomètres à l'ouest de Bonneville.
Le Môle se mérite. Les itinéraires qui y mènent cumulent plus de 1400 m de dénivelé positif et s'adressent à des marcheurs bien entraînés. Depuis Ayse et les communes voisines, plusieurs variantes permettent d'adapter la sortie selon son niveau. Par beau temps, le panorama depuis le sommet s'étend jusqu'au lac Léman. C'est une montagne à part dans ce secteur : visible de partout, elle donne à la vallée son caractère.
Quand partir et comment organiser sa sortie
Les sentiers autour de Bonneville sont praticables de juin à octobre. En été, mieux vaut partir tôt le matin pour éviter la chaleur en fond de vallée et les orages qui se forment souvent en fin d'après-midi. Septembre offre souvent les meilleures conditions : températures agréables, premières couleurs d'automne et moins de monde sur les sentiers.
Pour les sorties sur les crêtes ou vers le Grand Château, prévois des chaussures de randonnée, au moins deux litres d'eau par personne et une couche chaude même en été. Les conditions changent vite en altitude et la météo montagne reste imprévisible.
Bonneville dispose d'une gare SNCF avec des liaisons vers Annecy et Genève. Pour les randonneurs sans voiture, c'est un avantage rare dans une région où la plupart des points de départ ne sont accessibles qu'en voiture.
Bonneville n'est pas une destination qui s'affiche sur les brochures touristiques. Pas de glacier, pas de lac d'altitude, pas de station. Juste une ville de fond de vallée bien placée, des sentiers solides et une montagne qui domine la plaine depuis des siècles. C'est parfois tout ce dont on a besoin pour une bonne journée en montagne.
Pour explorer d'autres secteurs de la vallée de l'Arve ou les massifs environnants, retrouve l'ensemble des topos sur les sentiers de Haute-Savoie.