À 2 000 mètres, tu reçois environ 20 à 25 % d'UV en plus qu'en plaine. À 3 000 mètres, on dépasse les 30 %. La peau brûle plus vite, sans que tu t'en rendes compte, parce que le vent frais et la température basse donnent l'illusion de confort. C'est précisément ce piège qui envoie tant de randonneurs rentrer avec un coup de soleil sévère après une belle journée en montagne.
Pourquoi l'altitude change tout
L'atmosphère filtre une partie des rayons UV avant qu'ils atteignent le sol. Plus tu montes, plus cette couche filtrante est fine : l'intensité des UV augmente d'environ 4 % tous les 300 mètres. En juillet, sur les crêtes des Aravis et des Bornes, l'indice UV peut atteindre 8 à 10, soit le niveau « très élevé » à « extrême » défini par l'OMS.
À cela s'ajoute la réverbération. La neige renvoie jusqu'à 80 % des UV, la roche claire entre 10 et 25 %. Sur un lac d'altitude ou un plateau rocheux, tu prends des UV par-dessus et par-dessous simultanément. Les zones souvent négligées, comme les oreilles ou la nuque, se retrouvent particulièrement exposées.
Lire l'indice UV avant de partir

Météo-France publie chaque matin une carte de l'indice UV prévu. En été en Haute-Savoie, sommets et lacs d'altitude culminent fréquemment à un indice 8 ou 9 dès juillet. L'indice se lit comme suit :
- 0 à 2 : faible, aucune précaution particulière
- 3 à 5 : modéré, protection recommandée dès exposition prolongée
- 6 à 7 : élevé, protection obligatoire pour toute sortie
- 8 à 10 : très élevé, réduire l'exposition entre 11 h et 15 h
- 11 et plus : extrême, rester à l'ombre aux heures centrales
En pratique, pour une randonnée vers un lac d'altitude comme le lac de Gers ou le refuge de Sales, une journée de juillet avec indice 8 implique de partir tôt, de s'être protégé avant de quitter le parking, et de renouveler la protection toutes les deux heures.
Bien utiliser la crème solaire en montagne
L'indice SPF 50+ est le minimum acceptable en altitude. La différence avec le SPF 30 est surtout importante quand la crème s'use, transpire ou s'essuie : sur une longue sortie estivale, le 50+ offre une marge de sécurité que le 30 n'a pas. Applique avant le départ et non sur le parking : la crème a besoin de 15 à 20 minutes pour adhérer. Renouvelle ensuite toutes les deux heures, et après chaque bain ou grosse transpiration.
Les zones les plus souvent oubliées :
- Les oreilles, surtout sous un chapeau avec découpes latérales
- Le cou et la nuque, particulièrement exposés sur les traversées en crête
- Le dessus des mains, même avec des bâtons
- Les lèvres : utilise un stick à lèvres SPF 50, à renouveler après chaque gorgée d'eau
- Le décolleté si tu portes un col en V ou un débardeur
Les vêtements comme première ligne de défense
Le vêtement est plus fiable que la crème parce qu'il ne s'essuie pas. Un textile UPF 40+ bloque l'essentiel des UV. Une chemise à manches longues légère avec col protège épaules et bras sans surchauffe si le tissu est respirant. Un buff autour du cou remplace avantageusement la crème sur une zone difficile à atteindre.
Pour la tête : un chapeau à large bord (au moins 7 cm tout autour) est plus efficace qu'une casquette qui laisse les oreilles et la nuque découvertes. Pour les yeux : des lunettes catégorie 3 au minimum, catégorie 4 pour les glaciers et les névés. La cataracte est une complication réelle d'une exposition UV répétée non protégée : pas un risque à négliger sur des sorties régulières.
Adapter les horaires à la saison
L'intensité des UV suit une courbe en cloche avec un pic entre 11 h et 15 h. Une randonnée qui te place sur un col exposé à 13 h cumule la tranche horaire la plus dangereuse avec l'altitude maximale. Partir à 6 h ou 7 h te permet de faire l'essentiel du dénivelé avant l'heure de pointe UV.
Sur une randonnée dans le massif des Bauges vers la Tournette depuis Montmin, un départ à 7 h te fait passer le sommet avant 11 h, avec une descente à l'ombre des pentes forestières en milieu de journée. Si ton itinéraire est long, prévois une vraie pause à l'ombre entre 11 h et 13 h : ce n'est pas perdre du temps, c'est gérer l'effort intelligemment.
Ce qu'il faut retenir
Protéger sa peau en altitude, c'est une équation simple : SPF 50+, chapeau à large bord, manches longues légères, départ tôt, pause à l'ombre aux heures chaudes. Sur les sentiers de Haute-Savoie, les conditions estivales peuvent surprendre même les randonneurs expérimentés. Préparer sa peau fait partie de la préparation de la rando, au même titre que vérifier la météo ou emporter de l'eau.