La montée fatigue, mais la descente blesse. Ce constat, tout randonneur aguerri le connaît : les genoux qui chauffent, les chevilles qui cherchent l'appui, les cuisses qui tremblent après 1 000 mètres de dénivelé négatif. Pourtant, peu de gens travaillent réellement leur technique de descente. En Haute-Savoie, les sentiers peuvent tomber raide, sur des éboulis, des dalles ou de l'herbe mouillée. Autant savoir exactement quoi faire de ses pieds et de ses bâtons pour randonner en Haute-Savoie sans se blesser.
La posture : engagement vers l'avant
Premier réflexe à corriger : se pencher en arrière quand ça descend fort. C'est instinctif, mais contre-productif. En t'inclinant en arrière, tu reportes tout le poids sur les talons, tu perds l'adhérence et tu t'exposes aux glissades.
La bonne posture, c'est l'inverse : centre de gravité légèrement avancé, genoux fléchis, dos droit. Les épaules restent décontractées et les bras s'écartent légèrement du corps pour maintenir l'équilibre. Cette position, proche d'un demi-squat en mouvement, répartit la charge sur l'ensemble de la semelle et te permet de corriger ta trajectoire à chaque appui.
Le réflexe prend quelques sorties pour devenir automatique, surtout sur les pentes raides. Mais une fois assimilé, il change tout.
La pose du pied : plante entière et adaptation constante

Sur terrain sec et stable, pose le pied à plat : plante entière, pas en pointe, pas en talon isolé. Ce contact maximal avec le sol optimise l'adhérence et distribue les chocs sur toute l'articulation.
Sur terrain glissant (herbe mouillée, terre meuble, pierres calcaires humides), deux adaptations sont utiles :
- Descendre en diagonale ou en zigzag plutôt que droit dans la pente, pour réduire la force dans l'axe de glissement.
- Chercher les zones de friction : bords de rocher, herbe courte, terre compacte plutôt que centre du sentier creusé par les passages.
Évite absolument de rigidifier ta cheville. Un pied souple qui s'adapte à la micro-topographie du sol est bien plus fiable qu'un pied bloqué.
Le rôle des bâtons en descente
Beaucoup de randonneurs rangent les bâtons dans le sac en montée et les sortent à la descente, presque par habitude. C'est une bonne intuition : bien utilisés, les bâtons absorbent une partie significative des chocs sur les genoux.
Technique de base : raccourcis les bâtons de 5 à 10 cm par rapport à la montée. Plante-les vers l'avant, à environ 45° par rapport au sol, légèrement décalés sur le côté. L'appui se fait au moment du transfert de poids, pas après.
Sur les passages très raides, n'hésite pas à utiliser les deux bâtons simultanément avant chaque pas. Sur terrain technique (éboulis, dalles), garde les bâtons actifs pour l'équilibre, mais ne t'y appuie pas à 100 % : l'équilibre principal doit rester dans tes appuis au sol.
S'adapter à chaque type de terrain
En Aravis et Bornes, comme sur l'ensemble des massifs haut-savoyards, tu rencontreras des surfaces très variées lors des descentes. Voici les adaptations clés :
- Éboulis : teste chaque bloc avant de t'y appuyer. Évite les pierres isolées. Descends lentement, un pas à la fois, genoux souples.
- Herbe mouillée : l'adhérence peut être nulle. Descends en diagonale, jambes fléchies, et utilise les bâtons en permanence. Les microspikes peuvent être utiles en début ou fin de saison.
- Dalles rocheuses sèches : la semelle accroche bien sur le calcaire sec. Descends directement, avec confiance. Mouillées, traite-les comme de l'herbe glissante.
- Sentiers ravinés : le centre du chemin est souvent creusé et meuble. Préfère les bords du sentier, où la terre est plus compacte.
La Dent de Verreu par Vallon propose par exemple une descente avec une belle variété de terrains sur un même parcours, idéale pour mettre en pratique ces différentes adaptations.
Préserver ses genoux sur la durée
La descente génère une charge articulaire bien supérieure à la montée, parfois jusqu'à trois fois le poids du corps sur chaque appui. Quelques règles simples pour préserver tes articulations :
- Raccourcis ta foulée : des pas courts et fréquents absorbent mieux les chocs que de grandes enjambées.
- Atterris d'abord avec l'avant du pied, jamais en rigide sur le talon : ça envoie la totalité du choc dans le genou.
- Varie tes trajectoires : ne descends pas en ligne droite constante. La variation réduit la contrainte répétitive sur les mêmes groupes musculaires.
- Fais des micro-pauses : une à deux minutes d'arrêt toutes les 20 à 30 minutes de descente soutenue, pour relâcher les quadriceps et évaluer ta fatigue avant qu'elle ne devienne un risque.
Le travail de renforcement musculaire hors rando compte aussi : les exercices excentriques (squats lents, fentes descendantes) reproduisent exactement la charge des quadriceps en descente et réduisent significativement les douleurs à moyen terme.
La descente ne s'improvise pas, elle s'apprend. Une posture engagée, des appuis conscients, des bâtons bien réglés et une foulée courte font la différence entre une descente épuisante et une descente maîtrisée. Sur les sentiers de Haute-Savoie, les dénivelés peuvent être importants : autant les aborder avec les bons gestes. Et si tu cherches un terrain pour progresser, le col de Coux par les Mines d'Or propose notamment une longue descente avec une belle variété de terrains.